Ce qu'ils disent...

Paroles d’enfants, d’adolescents et de jeunes adultes des Allagouttes et du Surcenord prises sur le vif :

Manuel et Joël : «Nous aimons la nature, le travail à la ferme, la beauté et les amis»

Guenaël : «J’aime la boulangerie, la cuisine, le cheval et la télé»

Brandon : «J’aime les fêtes, la vallée, le vélo et les courses»

Marie-Alice : «J’aime la peinture et les couleurs»

Beardet : «Les adultes nous aident à faire des progrès sans qu’on le remarque»

Gabriel : «J’aime festoyer»

Claire : «On progresse dans la joie et la bonne humeur»

 

Paroles de parents, amis et professionnels :

 

Être

Briser les chaines

Ouvrir les portes

 

Être, juste être

Être juste

Hors de causes,

Sans effets,

Dans la simple nudité

De l’Innocence retrouvée

Être, simplement Être

Ne plus chercher

Ne plus attendre

Être en vie

Sans envies

Juste aimer

Sentir

Voir sans nommer

Ecouter sans juger

Parler sans se cacher  

Derrières des mots murs

Juste se raconter

Parler de soi

Au soi de l’autre

Pour qu’enfin apparaisse

Sous l’apparence

La ressemblance 

Derrière la différence

La divine Présence

Être Celui qui Est

 

Serge Capon 10/05/2008

Père d’Elie Capon 24 ans 

atteint d’un spectre autistique

 

Autiste, artiste, au triste

Elie Zac et les autres

 

Il a toujours l’air

De ne pas avoir l’air

Il me regarde avec l’oreille

Gauche ou droite

Lors d’un petit moment d’accueil

Son regard plonge dans le mien

Et me pénètre jusqu’à l’âme

Et je sais qu’à l’instant il a peur

Il a peur d’avoir peur

Car c’est peut être le seul sentiment

Qu’il peut partager avec le reste du monde

Ce monde préoccupé d’avoir

Plutôt que de voir,

D’attendre, plutôt que d’entendre,

D’étiqueter par crainte des mélanges

Coupable à force d’être irresponsables

 

Alors il casse, de colère amoureuse

L’acquis que l’on craint perdre

Et il frappe même

Il frappe, m’aime,

Car il croit en l’amour et la peur

Il n’a pas l’esprit faussé dans le cœur,

Il a l’âme sur la peau

Il souffre de nos souffrances

L’âme tendue vers nous comme personne,

Comme personne, il n’est pas d’ici

De maintenant

Il est de demain

Deux mains tendues

Comme un aveugle en un lieu inconnu

Qu’adviendra-t-il de lui en ce monde

S’il n’y a pas plus de clowns,

D’amoureux d’absolu,

Qui sachent le regarder

 

Sans attendre de lui

Plus qu’il ne saurait être ?

Qu’adviendra-t-il de LUI ?

 

Poème de Serge Capon père d’ELIE :  2 avril 2011

 

 

 

SLAM : Dédié à mon fils,Théo

 

Depuis le soir de Noël où tu es né

Nos yeux de toi, ne se sont jamais détournés

Un plongeon dans ton beau regard fixe

Une étrange vague , dans tes yeux noirs reflets d’Onyx

Plus nous ont parlé de ta singularité

La vague s’est transformée en ras de marée

Dame nature t’avait modelé différemment,

Dans nos esprits, c’nétait pas encore un présent

Notre amour pour toi, mode inconditionnel

Petit prince de la lune aux yeux d’étincelle

 

Tu as eu l’âge d’aller à l’école

Ben ! pour nous ce fut la colle

En hôpital de jour tu passas quelques années

Mini bus, ton goûter, p’tit cartable sans cahiers

Quand les autres nous dévisageaient

La colère encore nous animait

Joies peines, mélangées à tes silences

Un peu de Rock and Roll pour égayer nos souffrances

Nous voulions changer le monde

Un peu de musique, un tour de ronde

Tu nous apprends l’amour vraiment

Nul besoin de mots pour nous transformer vraiment

 

Un jour nous avons pris un autre chemin

Fallait qu’on t’lâche un peu la main

Quand tu t’es posé aux Allagouttes

Ton sourire a dissipé nos doutes

On a amorcé une vie toute neuve

Pour nous trois encore une belle épreuve

Nous avons traversé bons nombres d’orages

Et sous l’pavé y’avait pas vraiment la plage

 

Avons vite compris qu’au Champ de la Croix

Ton esprit s’élèverait tout droit

Ici y a de la place pour les incertitudes

Pas de compétitions sur tes aptitudes

Trouvons toujours l’oreille à qui parler

Compréhension humaine en toute simplicité

Tu construis ton arbre de vie

 

Pas à pas les marches tu gravis

L’important c’est ta paix intérieure

Avec elle tu sortiras vainqueur

J’dis pas que les mots n’ont pas d’importance

mais ils viendront si tu le veux bien, patience

La force réside dans ton cœur

A ta vitesse, mon fils n’ai pas peur

Nous t’entourons de tout notre amour

Une belle couronne tu porteras un jour

En ces lieux tu puises ta volonté

Y aura toujours quelqu’un à tes cotés

Dans nos yeux tu mis la sérénité

La flamme de notre foyer, tu l’as rallumée

 

Il nous reste encore bien des fleuves à traverser

Mais tous ensemble, nous serons mieux armés

Maintenant tu entames ton adolescence

Plein d’humour et de bienveillance

Pas vraiment branchés avec adultes et autorité

De la révolte, un peu d’colère et d’hilarité

Dans peu de temps mon fils tu le sais bien

Dans la maison Didierjean tu partageras le pain

On continuera ce chemin quelque peu atypique

On plantera des fleurs

Tu Verras

Ça sera fantastique !!!!!!

 

Annie Baudry (Mère de Théo) le 2 avril 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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